métasociologie

VOCES8: Pie Jesu, Gabriel Fauré
https://www.youtube.com/watch?v=o9al6HNOgSo

Je crois que nous sommes plongé dans l’éternité… Croyez-vous vraiment que nous soyons autre chose que l’éternité ? Ce que vous avez pensé d’amour et d’éternité est et était déjà en vous, déjà… C’est ça l’amour divin – et l’amour divin est l’écho de l’amour d’une mère pour son enfant (comment pourrait-il en être autrement ?) et, d’un père pour la mère de l’enfant et pour l’enfant des mères de tous les enfants (la conscience !)…

Libérez Julian Assange (et tous les êtres dans tous les espaces et tous les temps…)
(Ce mercredi 30 septembre de l’an de grâce 2020, 0h49 +=- c’est par pure convention et dans ce désir de compréhension que je parle à d’autres par le langage dominant.)

VOCES8: Send in the Clowns – Stephen Sondheim (arr. Clements)
https://www.youtube.com/watch?v=QLw9EN94wDk

métapsychologie

Maintenant, tant les notions de bonheur/malheur que de celle de nécessité/superfluité m’apparaissent somme toute assez arbitraires, sinon presque des catégories inutiles qui encombrent la pensée. Car pour juger de ces choses, il faut un point de vue. Mais sur quel critère juge-t-on le point de vue lui-même ?

Tout ça dépend de notre position sociale et des moyens qui sont à notre disposition.

Sans doute faut-il ne pas s’arrêter là… En plus de juger l’appareillage du jugement, ne faudrait-il pas en faire la cartographie ? Car, un point de vue particulier ne reste jamais qu’un point de vue. Il faut l’ensemble des points de vue pour cartographier adéquatement. Ce sont cependant les considérations universelles qui sont réellement dignes de l’intérêt cosmo-politique. L’on doit considérer les êtres et les choses dans la multiplicité des espaces et dans la multiplicité des temps. Et nous avons des devoirs envers les personnes non encore nées (ainsi qu’envers les générations qui nous ont précédés… bien que ça soit peut-être moins évident à cerner…)

Les particularismes existent dans les êtres – ils en sont le sel même (vieille expression biblique !) Par contre, aucun particularisme en fait ne permet un court-circuitage en droit. La fonction du droit (un droit cosmopolite) est de nous rappeler à l’ordre sur nos devoirs envers nos semblables… Ça devrait nous être une sorte de guide sur le chemin de l’action.

L’état du droit actuel, le droit national-parlementaire (je ne sais pour l’instant comment l’appeler autrement…) contient des ébauches de prescriptions cosmopolitiques mais ceux-ci ne suffisent plus. L’état de décrépitude actuel du droit et des représentations spectaculaires-désenchantés-démocratiques est un reflet de ce mauvais mariage entre le devoir civique et le capitalisme. C’est évidemment l’ordre capitaliste du monde qui est ce corps en décomposition purulent qui contamine l’ensemble des sphères de la vie sociale, tant des représentations de soi que des représentations de soi en lien avec les autres. Notre imaginaire des choses et notre imaginaire de ce qui nous est permis même d’espérer passe désormais par ce filtre qui ne conserve essentiellement que la merde et rejette le meilleur de nous et de nos semblables !

Que faire face à tout ça ? Il faut tranquillement démonter les idées erronées, ainsi que celles qui ne sont pas à la hauteur de la personne que nous pourrions être.

C’est pour cette raison que je ferai toujours une défense de l’idéalisme… C’est une bonne chose que de savoir vers où mettre nos efforts quotidiens. Notre vie (la terrestre du moins…) n’est pas infinie dans son extension. Alors autant la vivre en profondeur… C’est à partir de cette petite fenêtre qu’est notre vie que nous pouvons pointer au loin nos télescopes, dans le firmament de notre imagination. Et c’est dans la communauté des gens créatifs et amoureux (au sens des philosophes) — ceux donc qui se donnent le droit d’imaginer dans la communauté de nos semblables — que la cartographie des cœurs s’achève enfin… Il ne faut pas prendre ces catégories dans un sens strict : le moindre croquis fait avec authenticité peut nous instruire peut-être autant sur le monde qu’un théorème complexe de mathématique.

Je crois que ce qui distingue ultimement quelque chose de valable de quelque chose de mauvais est l’intentionnalité. Il paraît que l’enfer en est pavé ! En réalité, c’est que les moyens ne devraient pas s’accommoder d’une dignité moindre que les fins. C’est dans le faire lui-même que nous atteignons nos objectifs politiques. Mais un faire politique qui se voudrait pérenne se doit d’être transparent et en dialogue ouvert vers l’avenir.

Il se peut que je dise ici n’importe quoi… Alors, c’est votre devoir moral de me corriger ! C’est un crime citoyen que de laisser l’indigent dans sa misère. Ainsi, nous nous instruisons les uns les autres et c’est ensemble que nous posons les bases de ce qui est décent comme vie humaine.

Face à la diversité des points de vue (qu’ils soient culturels, religieux ou identitaires) cependant, il faut une entente sur les principes de la dignité universelle de tous les êtres conscients et capable de souffrance. Celui qui n’accepte pas ce bon sens logique et pratique s’exclut idiotiquement par lui-même de la communauté cosmopolitique.

Le capitalisme, dans ses méthodes, s’oppose au déploiement de cette dignité universelle. Certaines religions et idéologies aussi. Face à ces aberrations historiques, comment faut-il réagir ? Je crois qu’il faut les expliciter, les dénoncer lorsqu’il le faut. Nous devons aussi placer nos efforts à parler avec plus de précision afin de mieux comprendre et avec plus de justesse l’ensemble de la complexité du réel… Ce qui est compliqué c’est que personne n’est parfait ! C’est-à-dire que nous sommes tous traversé par les contradictions du capital, certaines idioties religieuses et moult idéologies du moment. Cette traversée parfois pénible vers plus de compréhension et de compassion est loin d’être toujours évidente… Comment éviter par exemple les écueils du narcissisme, la peine de nos désillusions, les désenchantements inévitables face à certains espoirs peut-être un peu trop niais ? Tout ça est fort complexe et demande discussion dans un sens large, dans le sens d’une communauté de pensées et d’affects…

Une communauté inspirée par des idéaux… Là on retrouve notre axe bonheur/malheur nécessité/superfluité… Il est difficile de nier notre désir d’un bonheur ensemble, collectif…

La révolution (la vraie !) c’est ça : transmettre ce goût pour construire quelque chose ensemble, plutôt que cette confusion dans nos “bonheurs” privés du chacun pour soi.